Petites histoires de la langue française: La nouvelle orthographe

Simplifier la nouvelle orthographeCette semaine, j’ai décidé de clore le sujet des révolutions dans le monde du français en vous parlant de certaines nouvelles règles de grammaire. C’est parti!

Les accents

Alors qu’avant on écrivait « connaître », « août », « enchaîné », etc. la nouvelle orthographe considère que l’accent circonflexe n’est plus nécessaire, sauf s’il permet de distinguer deux mots, comme par exemple « du » et « dû ».

Ainsi, on peut maintenant écrire « croitre » ou « trainer » sans accent!

Les accents aigus, quant à eux, sont maintenant remplacés par des accents graves dans quelques cas.

C’est ce qui nous fait passer de « événement » à « évènement », de « céleri » à « cèleri » et de « cédera » à « cèdera », entre autres.

En ce qui concerne les mots dérivés de l’anglais, « diesel » peut maintenant s’écrire « diésel », tout comme « revolver » prend aujourd’hui un accent.

Finalement, les trémas, que l’on retrouvait parfois sur les E comme dans « ambiguë » sont maintenant déplacés vers les U et on écrira « aigüe » par exemple.

 

Les traits d’union

Premier cas : les nombres.

Oubliez tout ce que j’ai déjà dit à propos de l’écriture des nombres en lettres, car ça a changé. Maintenant, il faut mettre un trait d’union entre chacun des éléments composant un nombre, comme par exemple « trois-cent-quatre-vingts » alors qu’avant on écrivait « trois cent quatre-vingts ». Les deux sont encore bons, seulement la nouvelle orthographe tend à unifier l’écriture des nombres en lettres, en les traitant tous de la même façon.

Deuxième cas : les mots composés.

Vous savez, les « haut-parleur », « porte-monnaie » et « entre-temps » de ce monde? Eh bien, aujourd’hui, ne vous cassez plus la tête avec le trait d’union, car il n’existe plus dans ces cas là. Vous pourrez écrire « hautparleur » sans problème, et avoir beaucoup moins de difficulté avec les pluriels !

Les pluriels

Premier cas : les noms composés.

Car ils ne sont pas exterminés complètement, les noms composés demandent encore un traitement particulier lorsqu’on les met au pluriel.

Alors qu’avant, on n’accordait parfois aucun des deux termes du mot composé lorsqu’on le mettait au pluriel, la nouvelle orthographe propose d’accorder seulement le deuxième terme, nous donnant quelque chose comme « abat-jours », « brise-glaces » ou « gratte-ciels » par exemple.

Deuxième cas : mots étrangers.

Lorsqu’on se retrouve devant des mots empruntés à d’autres langues comme « match » par exemple, le pluriel, qui autrefois aurait été « matches », est aujourd’hui « matchs ».

Les lettres non prononcées

Finalement, la nouvelle orthographe touche aussi les mots comptant des lettres non prononcées, comme « eczéma » ou « asseoir » ou encore « oignon » … qu’on peut écrire aujourd’hui « exéma », « assoir » et « ognon » de même que certains verbes comme « nivelle » peut maintenant s’orthographier « nivèle ».

 

La nouvelle orthographe ne fait pas plaisir à tout le monde, de la même manière que le joual n’a pas fait l’unanimité lorsqu’il est devenu une mode. À mon avis, elle réduit de beaucoup la richesse de notre belle langue, la rendant trop phonétique et trop « facile ». Peu importe votre opinion à ce sujet, si vous décidez de l’utiliser, faites-le avec uniformité en ne mélangeant pas les styles, car s’il est vrai qu’elle simplifie l’orthographe, utiliser les deux ensemble dans un texte serait plus compliqué à comprendre que notre, déjà très spéciale, grammaire française!

Sur ce, je vous souhaite un bel été!