Petites histoires de la langue française, partie 2

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Après avoir traité des différences entre langue d’oïl et langue d’oc, on continue cette semaine, à voir quelques-unes des évolutions qui ont mené à la langue française que nous connaissons aujourd’hui. C’est parti!

La semaine dernière, nous nous sommes arrêtés au 16e siècle avec l’apparition des majuscules dans les textes. Outre les révolutions typographiques, qui modifient la manière d’écrire les textes, il faut penser aux évolutions concernant la langue et qui ont lentement mené aux français, tel qu’on le connaît aujourd’hui.

L’académie française

Le 17e siècle est celui qui a vu naître l’académie française, institution importante fondée par le Cardinal Richelieu ayant mis de l’avant la langue française en créant le premier dictionnaire et en révolutionnant l’orthographe.
Le « dictionnaire de l’académie françoise » est donc en cours de rédaction dès 1638, et ne sera disponible qu’en 1694. Celui-ci couvre les mots allant de A à L.

Classicisme

Le classicisme, cadre dans lequel naît ce premier dictionnaire, a voulu rompre avec l’impression de désordre artistique héritée de l’époque baroque (qui signifie « irrégulier »).
C’est pourquoi cette première anthologie était si importante. Les académiciens voulaient réaffirmer la force du français, en insistant sur la pureté de la langue classique en proclamant que celle-ci était parfaite, contrairement à celle du courant précédant.

À titre indicatif, le classicisme en littérature est fortement marqué par de multiples règles auxquelles devaient se soumettre les auteurs à la demande du roi Louis XIV. Pourquoi? Celui-ci voulait passer à l’histoire et qu’on se souvienne de lui longtemps après sa mort comme quelqu’un ayant révolutionné l’art en innovant presque entièrement, voulant revenir à la droiture de l’antiquité qui l’inspirait, soutenant que le baroque et autres courants gouvernés par les émotions n’étaient qu’une erreur de parcours de l’histoire.

La mort de Louis XIV en 1715 signe aussi la mort du classicisme, mais non des révolutions orthographiques. C’est ce qu’on continue de voir la semaine prochaine.

Bonne semaine!