Dire oui quand c’est non…, un texte de Nicole Bordeleau

L’une des étapes les plus difficiles dans mon cheminement personnel et spirituel fut d’apprendre à dire non. Par le passé, trop souvent, quand on me faisait une demande, qu’on m’invitait à un événement, qu’on me sollicitait pour un service, pour du temps ou de l’argent, je ne pouvais refuser. Et si j’arrivais à le faire, par la suite je payais le fort prix en me torturant de culpabilité. Par manque de confiance en moi, tant de fois j’ai acquiescé à des demandes, alors que mon coeur me conseillait de dire non. Et chaque fois que je ne l’ai pas écouté, que j’ai fait la sourde oreille à ses sages conseils, je l’ai regretté.

Combien de fois ai-je fait comme les autres pour ne pas sortir du lot? Combien de fois ai-je fait des courbettes pour ne pas déplaire? Et combien de fois ai-je acquiescé à une demande de peur de blesser l’autre ou de passer pour une égoïste? Tant de fois que je n’ose même plus les compter. Puis, un beau matin, alors que j’étais épuisée physiquement et que je m’apprêtais à confirmer ma présence à une soirée à laquelle je n’avais aucune envie d’assister, mon souffle s’est coupé, mon cœur s’est mis à cogner et ma gorge s’est serrée. Clairement, mon corps me faisait savoir que je devais dire non à cette invitation. Sur le coup, j’ai hésité à l’écouter. Mon ego, de sa voix intérieure culpabilisante, tentait de me faire douter de ma décision.

Mais j’ai tenu bon. Mon corps disait non, mon cœur disait non, et j’ai moi aussi décidé de dire non. J’ai respiré un grand coup et j’ai téléphoné à la personne en question pour poliment décliner son invitation. Ce tout petit acte de courage m’a permis d’être authentique avec cette personne et intègre face à moi-même.

Depuis ce jour, je me donne le défi de prendre le temps de respirer avant d’accepter ou de décliner une requête ou une invitation. Je me demande intérieurement : «Est-ce que j’accepte par culpabilité, par obligation ? Est-ce que je décline par manque de courage? Quel est le prix de ce oui ou de ce non? Qui en paiera la note?»

Aujourd’hui, je constate que ce questionnement simplifie ma vie. Mieux encore, j’ai noté que chaque fois que je réponds à quelqu’un simplement et avec authenticité, que ma réponse soit positive ou négative, celle-ci est généralement bien reçue, parce qu’elle vient de mon coeur.

Apprenez à vous écouter intérieurement et faites confiance à votre cœur, car il sait fort bien si la réponse est « oui » ou « non ».

-Nicole Bordeleau, L’art de se réinventer