3 questions sur l’homosexualité à Jonathan Dubé intervenant Gai Écoute

Homosexualité

Voici le résumé d’une entrevue avec Jonathan Dubé, intervenant chez Gai Écoute et étudiant à la maîtrise en psychologie à l’Université de Montréal. Jonathan venait de donner une conférence sur l’homophobie et sur la perspective communautaire des interventions auprès des minorités sexuelles, ce qui nous a amenés à discuter du coming out.

Q1 – Comment se passe le coming out quand on est ado?
R1Une chose importante à comprendre, c’est qu’il n’y a pas d’urgence à faire son coming out et que ce n’est pas nécessaire de le faire à tout le monde. Il y a des milieux où c’est bien de le dire à nos proches, mais parfois il faut être prudent et faire attention à qui on en parle. C’est important de s’écouter pour savoir quand et comment on est le plus à l’aise de le faire. Comprendre d’abord la perception de son entourage permet d’évaluer la manière dont la nouvelle sera reçue.

Quand on pense faire un coming out, le recours à une certaine stratégie permet d’éviter les crises. On peut par exemple regarder un film sur l’homosexualité ou parler d’une personnalité homosexuelle avec ses parents pour voir à quel point ceux-ci sont ouverts à la question.

Q2Que dirais-tu à un parent qui apprend que son enfant est homosexuel?
R2Il faut comprendre qu’il y a un long processus psychologique derrière le coming out. C’est souvent perçu par le jeune comme une « crise ». Le jeune prend la décision de faire son coming out en se disant : « Ça passe ou ça casse. » Il prend un risque et il a sûrement peur des réactions. Le parent qui apprend la nouvelle devrait tenter d’être sensible à la réalité de son enfant. Si besoin est, le parent peut contacter un organisme ressource.

Évidemment, il y a un deuil difficile à franchir pour le parent. Entendre que son enfant est homosexuel peut signifier que la réalité du jeune sera différente des attentes parentales. Il faut laisser le deuil se passer et tenter de préserver la relation parent-enfant. Pour ce faire, il y a des ressources, où les parents peuvent partager leurs craintes et se renseigner sur l’homosexualité en général.

Habituellement, les gens entretiennent des préjugés sur l’homosexualité et il est important de les démystifier. Par exemple, il est faux de croire qu’une personne homosexuelle va nécessairement souffrir de son homosexualité. Il y aura certaines difficultés, certainement, mais il y a des moyens et des ressources pour s’en sortir.

Le coming out est une étape importante pour la famille. Si le jeune en parle à ses parents, c’est un privilège pour ceux-ci : c’est qu’il se sent suffisamment proche d’eux pour leur en parler et qu’il veut conserver la relation. En prenant du recul, en évitant les réponses trop émotionnelles, les parents favorisent l’épanouissement du jeune et de leur famille. Tout le monde y gagne.

Q3Une personne homosexuelle a-t-elle des attentes envers son entourage?
R3Il y a autant d’homosexuels que de personnes. Il y a des gens plus sensibles que d’autres aux réactions de l’entourage et les attentes peuvent varier en fonction du contexte, de l’entourage et de la sensibilité de la personne homosexuelle.

L’objectif est de se dire : « J’ai fait un effort pour en parler; je dois être fier d’être capable de m’assumer. » Et la fierté de s’affirmer n’a pas d’âge. Si quelqu’un s’affirme à 40 ans, c’est probablement parce que ce n’était pas une bonne idée de le faire avant. À tout moment on peut être fier de faire un coming out !

En général, les gens sont plus heureux une fois que c’est fait, mais, encore une fois, il faut être sensible aux caractéristiques de certains

 

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