9 heures un jeudi matin, mon bus arrive à destination, c’est-à -dire au métro et on m’attaque avec le journal Métro et le 24H. La station est achalandée. Les dessins sur le sol pour indiquer où se trouvent les portes du wagon attirent une dizaine de personnes qui s’attroupent autour des dits dessins. On croirait observer des vautours en quête d’une proie. Je marche jusqu’au fond.
Le métro arrive finalement aux bercails. Tout le monde se jette dans les wagons que l’on pourrait qualifier de cage. Je me faufile à travers la foule et je me trouve une place près des portes non utilisées. J’ai commencé à lire les nouvelles dans l’une des deux distributions gratuites, mais je me suis vite lassée de lire sur les déboires de la politique québécoise et canadienne.
J’ai commencé à observer ce que les gens faisaient autour de moi. Certains écoutaient de la musique, parlant de musique…on se doit de faire une pause anecdotique ici.
DÉBUT DE LA (GROSSE) PARENTHÈSE
S’il y a bien une chose que je ne peux pas supporter dans le métro, c’est bel et bien ceux et celles qui osent nous imposer leurs goûts musicaux. Le jeune homme, écoutait (rectifications faites, nous écoutions tous SA musique douteuse). Il me semble que ce n’est pas pour rien qu’on a inventé les ÉCOUTEURS. Vous savez, cette chose qu’on met dans ses oreilles ? Le message est clair. Merci!
FIN DE LA (GROSSE) PARENTHÈSE
Je disais ? J’observais les gens : certains fixaient le vide (les pire selon moi), d’autres surveillaient leurs progénitures, d’autres manquaient de mains pour faire autre chose que tenir leurs nombreux sacs et d’autres lisaient (ce qui nous intéresse le plus ici).
Une petite fille de 6 ans était assise sur les genoux de sa maman et lisait, le sourire aux lèvres, un petit livre d’enfant amusant. Le bonheur à l’état pur se lisait dans son regard candide.
Un peu plus loin, une jeune femme, paraissant anxieuse, lisait et relisait ses notes de cours. Qui n’a pas déjà été à un examen avec pour seul temps d’étude le trajet pour se rendre à l’examen ?
À ma gauche, un étudiant portant de grosses lunettes et ayant un style un peu hipster lisait un classique de la littérature française.
À ma droite, une jeune femme d’une trentaine d’années lisait un roman qui semblait plutôt intéressant. Je dirais même qu’elle semblait absorbée. Ne sachant plus quoi faire et n’ayant plus rien à lire, écouter, regarder, je me suis dit que je pouvais bien profiter de son livre et le lire un peu, par dessus son épaule. J’essayais de faire le tout discrètement. Pour les adeptes de la lecture par-dessus-l’épaule-d’un-inconnu (on utilise le masculin ici de façon générale), la pratique est un peu périlleuse. Une bonne lecture par-dessus-l’épaule-d’un-inconnu se fait sans que l’inconnu en question le remarque.
Pour la discrétion, on repassera. Il a fallu que je tombe sur LA page. Celle qui ferait rougir une religieuse ou qui ferait tout simplement rougir quelqu’un qui sent qu’on lit ce qu’il lit. Un regard et des joues rouges plus tard, j’ai feint de regarder ailleurs.
Un petit conseil : lors de votre prochaine lecture par-dessus-l’épaule-d’un inconnu, essayez de ne pas tomber sur LA page et surtout, soyez subtil.






