
Quand vient le temps d’accorder un verbe, il est vrai que les participes passés, que l’on a vus au primaire, encore au secondaire, et que l’on nous a conditionnés à apprendre par cœur peuvent quand même, encore des fois, être complexes. Mais qu’en est-il des verbes pronominaux? Les connaissez-vous? Savez-vous comment les traiter dans une phrase? C’est ce que nous démêlons aujourd’hui. À l’attaque!
Un verbe pronominal en est un employé avec un pronom où celui-ci reprend directement le sujet, comme par exemple « je me suis rendue » où le « me » qui est le pronom, renvoie à « je » qui est le sujet.
Il existe deux types de verbes pronominaux.
Premier type : Le verbe accidentellement pronominal.
Celui-ci est un verbe qui peut, tout dépendant du contexte, être employé avec ou sans pronom. Par exemple, on peut aussi bien dire que l’on « écrit » quelque chose et qu’un livre « s’écrit » par un auteur.
Il existe trois sous-catégories de verbes accidentellement pronominaux.
Le verbe accidentellement pronominal réfléchi : Comme son nom l’indique, il s’agit d’un verbe où le pronom réfléchit l’action sur le sujet, comme par exemple : je me baigne.
Comment accorde-t-on ce genre de verbe? Si l’on se sert du pronom comme d’un complément d’objet direct (COD) du verbe, on l’accordera avec le sujet s’il est avant le verbe. Pour reprendre l’exemple précédent, si l’on disait « elle s’est baignée » on devrait l’accorder puisque le pronom « s’ » (dérivé de « se ») renvoie au sujet « elle » et que les deux sont devant le verbe. De manière très primaire, posons-nous la question « elle a baigné qui/quoi? » et la réponse serait « elle a baigné elle ».
Par contre, si l’on se sert du pronom comme du complément d’un nom, il ne s’accordera pas. En reprenant le même exemple, si l’on dit « elle s’est baigné les pieds », reposons la même question que précédemment. « Elle a baigné quoi? » la réponse n’est plus « elle », mais bien « ses pieds », qui n’est pas le sujet de la phrase. Le verbe ne s’accorde donc pas avec le sujet « elle », et encore moins avec « les pieds » puisque ce COD est placé après le verbe.
Finalement, si le pronom est un complément d’objet indirect du verbe (COI), on ne l’accordera pas. « Elle s’est donné un bain » devrait répondre à la question « elle a donné un bain à qui/à quoi ? » et la réponse serait « à elle ». Même si le sujet (elle) et le pronom (s’) sont avant le verbe, on ne peut pas dire « elle s’est donnée un bain ».  À la différence d’un COD que l’on reconnait en posant une question directe de type « qui » ou « quoi », on pose une question indirecte de type « à qui » ou « à quoi » lorsque vient le temps d’un COI.
Le deuxième sous-genre est le verbe accidentellement pronominal réciproque.
Ce type de verbe, vous l’aurez deviné, inclue deux sujets ou plus qui posent la même action : « Ils se sont téléphoné ». Il existe deux types de verbes pronominaux réciproques : Les directs, comme précédemment, repérables par la question « qui/quoi » et indirects, par la question « à qui/à quoi ». « Ils se sont téléphoné » est un exemple de réciproque indirect, puisque l’on devrait se demander « à qui » ils téléphonent.
Si l’on dit « ils se sont vus », on se retrouve avec un cas de réciproque direct puisqu’ils ont vu « qui » et non « à qui ». Les réciproques indirects s’accordent avec le sujet, dans ce cas ci « ils ». De la même manière, « elles se sont vues » : indirect avec plusieurs sujets féminins, mais « elles se sont téléphoné » : direct avec plusieurs sujets féminins.
Il existe aussi un troisième type de verbe accidentellement pronominal : le passif. C’est quand le sujet subit l’action et qu’il ne la commet pas. Par exemple : le café se boit chaud.
Outre les verbes accidentellement pronominaux, il existe aussi des verbes essentiellement pronominaux. Ceux-ci ne peuvent pas s’employer sans pronom.
Les verbes essentiellement pronominaux s’accordent avec leur sujet et ne peuvent pas, contrairement aux verbes accidentellement pronominaux, être réciproques, réfléchis ou passifs.
« Elle s’est absentée » n’est pas un cas où l’action se réfléchit sur le sujet au même titre que « elle s’est lavée », parce qu’on ne peut pas dire « elle a absenté qui? » et trouver pour réponse « elle-même » comme on dirait « elle a lavé qui? ».
De la même manière, « ils se sont souvenus » n’est pas un cas où plusieurs sujets masculins se souviennent d’eux-mêmes, réciproquement. Ils se souviennent de quelque chose, point.
Finalement, un verbe essentiellement pronominal est actif parce qu’on ne peut pas en faire celui qui subit l’action. Ainsi on dira « il s’est envolé », où « il » est le sujet qui pose l’action de s’envoler. On ne peut pas dire « il l’a envolé » par exemple, où on le ferait devenir passif, en se servant de « l’ » qui est le rappel d’un COD fictif : il a envolé qui?
Les participes passés peuvent aller se rhabiller…
Bonne semaine!






