À qui la petite fille ? dans lequel elle raconte sa vie d’enfant adoptée, notamment sa relation avec sa mère adoptive Simone et ses retrouvailles avec sa mère biologique Irène. À l’occasion de la fête des Mères, elle a écrit en exclusivité pour notre blogue ce texte:
Renée Hudon est l’auteure du récit autobiographique
(Cette lettre est partiellement fictive, mais la main d’Irène m’a guidée dans sa rédaction. Elle contient les sentiments et les mots précis qu’elle aurait souhaité exprimer à Simone peu de temps après nos retrouvailles. Je n’ai pas voulu qu’elle le fasse, elle a compris mais l’a toujours déploré.)
En ce jour de la fête des mères, je pense à vous chère Simone et à notre fille que vous avez tant aimée. J’aurais souhaité avoir l’occasion de vous exprimer ma plus profonde et affectueuse reconnaissance. J’aurais aimé vous convaincre que nos retrouvailles n’allaient jamais rien enlever de l’amour qui vous unissait l’une à l’autre. Renée, craignant d’assombrir vos dernières années, avait choisi de vous cacher cet événement, le plus bouleversant de ma vie et m’avait demandé de renoncer à mon projet. Elle avait sans doute raison mais j’avais gardé l’espoir qu’elle revienne sur sa décision à la fin de votre vie. Le destin en a décidé autrement, vous nous avez quittées sans prévenir, discrètement, comme vous aviez toujours vécu.
Notre fille vous doit ce qu’elle est devenue, et moi je vous dois tout. Je n’ai fait que lui donner la vie, vous, vous lui avez appris à vivre. N’ayant pas partagé son enfance, son adolescence, sa vie de jeune femme, je n’ai donc jamais connu les beaux moments de sa vie, ni les plus sombres, les remises en question, les souffrances morales et physiques qui n’épargnent personne. Je n’étais pas là pour sécher ses larmes, l’encourager dans ses études, orienter sa carrière, consoler ses premiers chagrins d’amour. C’est vous qui l’avez choyée, soignée, éduquée, mieux que je l’aurais fait moi-même, j’en suis convaincue. Je n’étais pas à ses côtés quand ses enfants, nos petits-enfants, sont venus au monde mais vous, vous y étiez. Vous l’avez accompagnée dans son rôle de jeune maman de façon exceptionnelle, m’a-t-elle confié.
C’est de vous, qu’elle conservera les plus anciens et les plus doux souvenirs. Je devais revenir dans sa vie peu de temps avant votre grand départ, peut-être pour qu’elle ait une mère le plus longtemps possible à ses côtés. Je vous garde dans mon cœur et dans mes pensées jusqu’à la fin de ma vie.
Irène







