
À mon retour du lancement du livre de Jocelyne Robert, la semaine dernière, et à la lumière de ses propos dans Les femmes vintage, plusieurs constats me sont venus à l’esprit : d’abord, combien les femmes s’en mettent sur les épaules pour continuer d’être considérées à part entière dans leur féminité; combien elles sont exigeantes, voire tyranniques avec leur corps pour le préserver et combien cette attitude devient une source d’anxiété constante dans leur vie lorsqu’elles constatent que malgré tous ces efforts, aucune crème, aucun régime ou supplément alimentaire ne pourra suspendre l’inexorable effet du temps.
Parce qu’on ne pardonne pas à une femme de vieillir. Parce que si sa silhouette s’alourdit, si ses seins tombent et si son visage se flétrit, c’est de SA faute, c’est qu’« elle n’a pas pris soin d’elle »… !
Puis j’ai pensé aux hommes. QUAND entend-on un homme se prononcer sur le vieillissement et surtout, sur son propre vieillissement ? QUAND un homme se désole-t-il de sa calvitie, de ses rides, de son ventre, de son impuissance sexuelle ? ET surtout, QUAND blâme-t-on les hommes de ces imperfections ? Dites-moi, parce que moi, je n’en ai jamais entendu parler…
Au contraire, elles deviennent presque des attraits : la virilité d’un cheveu poivre et sel ou d’un crâne chauve, la séduction d’une ride, même leur bedaine a quelque chose de sécurisant, voire d’émouvant … En tout cas, rien qui ne remette en question leur mâlitude et leur sex appeal. D’ailleurs, avez-vous remarqué qu’on peut trouver des hommes objectivement pas très beaux, séduisants ?
Et puis, avez-vous déjà entendu parler d’une femme qui a quitté son mari « parce qu’il avait 20 livres de trop », « parce qu’il se laissait aller » ? Alors que ce motif est si (trop) souvent (facilement) invoqué lorsqu’un homme se sépare, et il est tout excusé, en plus. C’est une raison socialement acceptable.Alors comment pourraient-ils se sentir concernés par la vieillesse ? Parce qu’à les regarder aller, ce n’est pas le cas, ils semblent considérer plutôt que c’est un problème de femme, un de plus…
J’ose espérer qu’un jour, cette dichotomie se corrigera de part et d’autre : que les femmes s’émanciperont de ce joug qu’elles s’imposent et accepteront de se sentir et de se voir belles et désirables au naturel et que les hommes apprendront à voir cette autre beauté ciselée par le temps, l’expérience et la vie, à les respecter et à les aimer… en somme, à les regarder comme un homme regarde une femme.






