La communication non violente (2)

Mon métier me permettait de défouler mon agressivité de manière très codifiée : comme avocat, cela faisait même partie du jeu. Mais sur le fond, je n’avais pas de maîtrise de ma vie émotionnelle ; c’est plutôt elle qui avait emprise sur moi… J’ai donc pris conscience que je devais réaliser un travail sur moi-même pour me comprendre et après bien des hésitations (consacrées à dépasser la croyance : n’est-ce pas égoïste de s’occuper de soi quand tant de gens ont besoin d’aide… ?), j’ai entamé une thérapie.

J’ai choisi la voie la plus classique, la psychanalyse freudienne, ce qui s’est révélé un bon choix pour moi ; cela m’a permis de réaliser un travail en profondeur. Mon analyse a duré six ans à raison de trois séances par semaine.

Ce fut un travail intensif et un investissement en temps et en budget mais je ne le regrette pas un instant, c’est sans aucun doute le meilleur investissement de ma vie.

En cours d’analyse, j’ai rencontré le psychanalyste jungien Guy Corneau et je me suis formé auprès de lui. J’ai participé à quelques ateliers, ensuite l’amitié s’est installée. Il m’a proposé d’être son assistant ; j’ai beaucoup appris en le voyant faire, comme l’apprenti qui, au cours de son compagnonnage, observe le maître et affine sa perception en acceptant de ne pas tout comprendre tout de suite. (Aujourd’hui nous sommes de grands amis : il est le tonton québécois chéri de mes trois filles !) Peu à peu, en posant les questions, j’apprenais par l’expérimentation.

J’ai ensuite rencontré Marshall Rosenberg et la communication non violente , là aussi j’ai énormément appris en le voyant procéder. Dès la première matinée d’un stage de 4 jours, réalisé avec Marshall Rosenberg, j’ai eu l’impression que l’axe de ma vie accomplissait un tour de 180 degrés à l’intérieur de moi-même : j’avais trouvé l’axe que je voulais, cette façon de s’écouter sans se juger, avec une approche rigoureuse et clarifiante , j’étais très ému et je ne cesse de goûter cette joie à l’enseigner aujourd’hui.

Enfant, j’avais souffert des catégorisations du style « tu penses ça parce que tu es issu d’une famille aristocratique chrétienne » etc. Je n’avais pas le droit à la parole pour moi-même, j’étais toujours enfermé, réduit à une étiquette. J’étais révolté de ne pas être entendu en tant que personne et cela me liait aux jeunes de la rue, étiquetés eux aussi. Souvent je me suis senti rejeté avec le même désagrément. La communication non violente m’a d’emblée touché : elle nous invite à nous rencontrer au-delà des étiquettes et des apparences, de cÅ“ur à cÅ“ur, dans nos besoins, nos sentiments, notre élan de vie.

Thomas d’Ansembourg

Thomas d’Ansembourg

Psychothérapeute belge, il enseigne la CNV (Communication Non Violente) depuis 1994. Il est l’auteur de nombreux ouvrages aux Éditions de l’Homme dont le best-seller Cessez d’être gentil, soyez vrai !.

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A propos de l'auteur

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Psychothérapeute belge, il enseigne la CNV (Communication Non Violente) depuis 1994. Il est l’auteur de nombreux ouvrages aux Éditions de l’Homme dont le best-seller Cessez d’être gentil, soyez vrai !.

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