À la découverte de la communication non violente

Thomas d’Ansembourg, auteur du livre Cessez d’être gentil, soyez vrai !, qui vient d’être réédité avec le CD de sa conférence aux Éditions de l’Homme, nous raconte comment il en est venu à s’intéresser à la Communication NonViolente (CNV), thème central de son livre.

J’ai eu la chance de grandir dans une famille aimante, avec des parents responsables et chaleureux ; toutefois j’étais très sensible aux conflits, au ton qui monte, à la porte qui claque, et je me suis interrogé très tôt sur ce qui fait que des êtres qui s’aiment et sont capables de se manifester tant d’amour sont aussi incompétents pour traverser les différents et éviter que le différent ne dégénère en conflit. J’ai voulu contribuer à la gestion des conflits, et comme je n’avais aucune idée à l’époque de la nonviolence ni du travail thérapeutique, j’ai étudié le Droit et ai commencé ma vie professionnelle comme avocat, 5 ans au barreau et ensuite une dizaine d’années comme conseiller juridique.

J’ai été amené à résoudre un nombre important de conflits et j’ai constaté que l’avocat ou le juriste interviennent en aval du conflit ou du moins quand celui-ci est déjà né. Le conflit est un malentendu qui naît d’un « mal exprimé » et d’un « mal écouté » : les gens n’ont pas appris à bien s’exprimer ni à bien écouter. Nous avons besoin d’apprendre à s’écouter soi, à bien nous exprimer mais également à écouter l’autre, à le laisser s’exprimer. J’ai alors réalisé que rien dans mon éducation ne m’avait appris à bien exprimer mon ressenti et mes besoins, ni à écouter ce que l’autre ressent et ses besoins.

J’étais devenu un technicien du droit, soit une personne qui n’avait aucune maîtrise de la relation humaine au delà de ma bonne éducation et de ma gentillesse. J’ai fait le constat de mon incompétence en la matière.

J’ai pris conscience de ce que ce métier ne m’apporterait jamais de satisfaction profonde car il n’était pour moi qu’en périphérie de l’humain pas au cÅ“ur de celui-ci, et, tout en le maintenant pour des raisons alimentaires évidentes, je me suis engagé avec passion dans le bénévolat en devenant un des principaux animateur d’une association qui s’occupait de jeunes en difficultés.

Cela paraissait une simple occupation sociale pour les fins de semaine et les vacances mais elle s’est révélé une expérience décisive dans ma vie. Je me suis occupé de cette association « Flics et Voyous » durant 10 ans. Ce qui m’a d’emblée touché, c’est que bien que venant d’une famille traditionnelle bourgeoise, éduqué dans la tradition chrétienne et ayant mon diplôme d’université en main, je partageais avec eux qui n’ont pas de famille ni d’éducation un point commun : celui de ne pas posséder les mots nécessaires pour exprimer la solitude, le désarroi, la souffrance et ou la révolte, ni ceux pour énoncer le besoin d’avoir une place, d’être reconnu, de trouver son appartenance, du sens aux choses, en somme les besoins basiques de la vie.

Les jeunes dont nous nous occupions n’ont pas la conscience ni le vocabulaire pour formuler tout cela. Ils passent à l’acte de la violence et revendiquent leur place au couteau, manifestent leur désarroi par les tags ou en cassant les vitrines, le rejet d’eux-mêmes par la drogue, la violence sur soi par l’anorexie, etc Eh bien, je n’étais pas plus outillé qu’eux pour transformer mon mal-être occasionnel en demandes claires et négociable. Quand je n’allais pas bien, je ne pouvais que soit me replier sur moi dans une bouderie rebelle ou romantique, convaincu que personne ne me comprendrait jamais, soit exploser en critiques ou jugements sur l’autre. Je savais à l’occasion « balancer » leurs quatre vérités aux autres mais pas leur dire simplement et clairement la vérité de ce qui se passait en moi.

Bien que vivant dans un tout autre contexte social que ces jeunes, je n’étais pas plus à l’aise qu’eux pour nommer les enjeux de ma vie intérieure, affective, émotionnelle : pas plus de mots, pas plus de conscience.

… Lisez la suite de ce billet demain dans note blogue !

Thomas d’Ansembourg

Thomas d’Ansembourg

Psychothérapeute belge, il enseigne la CNV (Communication Non Violente) depuis 1994. Il est l’auteur de nombreux ouvrages aux Éditions de l’Homme dont le best-seller Cessez d’être gentil, soyez vrai !.

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A propos de l'auteur

Thomas d’Ansembourg
Thomas d’Ansembourg

Psychothérapeute belge, il enseigne la CNV (Communication Non Violente) depuis 1994. Il est l’auteur de nombreux ouvrages aux Éditions de l’Homme dont le best-seller Cessez d’être gentil, soyez vrai !.

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