Qui n’est jamais tombé dans les filets bien serrés d’un maître du chantage affectif? Il peut s’agir d’un conjoint, d’un collègue ou d’un ami en qui nous avions placé toute notre confiance et qui un jour laisse tomber son masque sans le moindre avertissement. Ces spécialistes des relations tordues peuvent être des hommes ou des femmes de n’importe quel milieu et de n’importe quel âge.
Nous pouvons tous tomber dans leur piège et, lorsque celui-ci se referme sournoisement sur nous, il est nécessaire de réagir rapidement et de nous protéger avant d’y laisser notre santé physique, notre bien-être psychologique et notre paix intérieure.
Il faut souvent plusieurs mois, voire des années avant que leurs brillants stratagèmes nous éclatent en pleine figure, car ils sont capables de dissimuler habilement leur jeu pendant très longtemps. Ils mettent toujours le temps qu’il faut pour tisser savamment leur impressionnante toile d’araignée. Ils exercent leur art avec brio même si dans leur vie ils tournent en rond comme un hamster en cage qui revient toujours bêtement au point zéro en refusant de s’ouvrir à des horizons plus sains qui pourraient les aider à s’épanouir et à évoluer. Leur comportement immature draine leur propre énergie en même temps que celle des autres.
Ces tortionnaires du cœur ont plus d’un tour dans leur sac et, sous leurs apparences souvent sympathiques et chaleureuses, ils dissimulent leurs desseins qui visent à détruire leur victime en lui imposant leur égocentrisme maladif et leur soif de contrôle. Ce sont des gens qui tiennent pour acquis tout ce que la vie met sur leur chemin et qui ne donnent jamais rien en retour. Ils ont l’art de trôner.
Ils parlent avec emphase de l’importance de la liberté – la leur bien sûr! – et ils se nourrissent de l’illusion que leur vie est plus importante, plus «inspirée» et plus stimulante que celle des autres, ce qui leur donne le droit naturel de piétiner ceux qui se retrouvent malencontreusement sur leur chemin cahoteux et chaotique. Ils éprouvent un tel besoin d’être «spéciaux».
Leur mépris se déguise progressivement en jeux de pouvoir féroces. Ils nous aiment en tant qu’objets, tels des pions dans leur jeu, et lorsque nous refusons ce rôle sinistre, ils s’empressent de se mettre à la recherche d’autres victimes potentielles. Le mot empathie ne fait pas partie de leur vocabulaire. Si vous les invitez à avoir une discussion saine et éclairante, leur agressivité surgit par bouffées puériles incompréhensibles.
Ces tristes personnages sont experts dans l’art de la séduction, de l’omission, du mensonge et de la calomnie. Leur confiance en soi et leur courage n’étant jamais à la hauteur de leurs ambitions personnelles ou professionnelles, ils tentent lamentablement d’en entraîner d’autres dans leur chute inévitable.
Du jour au lendemain, sans le moindre signe avant-coureur, ils commencent à souffler le chaud et le froid, à trahir leur parole et à ne pas tenir leurs promesses même les moins exigeantes. Ils se transforment étrangement en as de la fuite et s’amusent à installer un silence perturbé de sous-entendus, de reproches et parfois de menaces.
Faut-il désespérer qu’ils comprennent un jour que l’engagement est une forme de liberté beaucoup plus valorisante et noble que la fuite? Lorsque nous leur soulignons leurs contradictions, leur manque de cohérence ou leur cruauté, ils prennent un air innocent en feignant de ne pas voir tout le mal qu’ils font. Le bonheur des autres les agace ou les trouble et leur insensibilité aux émotions de leur entourage est plus puissante que tous leurs talents réunis. Ils ne s’intéressent tout simplement pas aux autres.
Dans ces moments difficiles où notre esprit n’arrive pas à comprendre ce revirement de situation brusque et inexplicable, un livre comme Ces gens qui font du chantage affectif peut nous être d’un grand secours. Étant donné que ces êtres perturbés, du haut de leur superbe, vont rarement consulter les professionnels qui pourraient les aider à redescendre sur terre et à redevenir plus humains, leurs victimes doivent se débrouiller seules pour faire face aux ravages parfois très sévères qu’ils ont créés et guérir les séquelles qui en découlent.
Susan Forward est une thérapeute américaine très réputée. On la connaît déjà pour son best-seller Ces hommes qui méprisent les femmes… et ces femmes qui les aiment publié en 1987. Cette fois encore, avec la collaboration de sa collègue Donna Frazier, elle expose des moyens concrets et efficaces pour faire face sereinement à ces situations déstabilisantes qui demandent beaucoup d’énergie et de détermination. Ces dictateurs de l’âme ne lâchent pas prise facilement, mais nous pouvons les désarmer et nous extirper de leurs griffes sans y laisser notre peau.
Le jour où nous cessons de leur accorder notre pouvoir, ces terroristes de l’âme se demandent candidement pourquoi ils se retrouvent souvent bien seuls dans leur gouffre abyssal. Ils iront s’étourdir ailleurs pendant quelque temps, à la recherche d’une sécurité temporaire et de high éphémères, en racontant à qui veut bien les entendre que ce sont eux les pauvres victimes. Puis, un jour, ils se retrouveront sur un chemin à deux branches qui les forcera à choisir leur camp: retrouver humblement la voie de leur cÅ“ur et faire les démarches nécessaires pour se réconcilier en empruntant un tournant qui exigera d’eux une véritable maturité ou répéter malheureusement le même scénario avec leur prochaine proie.
Voilà un livre qui recèle un véritable pouvoir porteur de guérison et de résurrection. Si vous vivez ce genre de situation déroutante et que vous sentez que le temps d’agir a sonné, je ne saurais trop vous recommander la lecture de cet ouvrage qui est publié cette semaine. Il est essentiel de ne pas attendre et de neutraliser au plus vite ces personnes négatives afin de retrouver votre joie de vivre, votre souffle et votre sérénité. Une question de vie et de survie.






