
Nous retranscrivons ici le discours que Sébastien Raymond, co-auteur et photographe du livre Enquête de paternité, a fait lors du lancement du livre.
En 1977, j’avais 10 ans (ne calculez pas ça m’en fait 42 en ce moment). J’étais petit, déjà rêveur et avais de beaux cheveux blonds bouclés. Ceux d’aujourd’hui sont plus tendance « la quarantaine sportive ». Il faut vivre avec son temps.
Mon père ressemblait à Dark Vador (le père de la famille décomposée). Il était grand, pour ce que j’en voyais, avait les cheveux noirs (je ne savais pas encore qu’il était chauve et portait un masque), marchait lentement avec l’air solennel, surtout quand il allait me voir après avoir découvert mes résultats en mathématique.
Son sabre laser, c’était sa bonne humeur, mais il le gardait toujours au fond de sa poche, abyssale si je me fie au nombre de fois où il l’a dégainé… Moi, minus Jedi de banlieue, je me cachais dans ma chambre-capsule lorsque j’entendais approcher l’élève de l’Empereur.
Par contre mon père était en bonne santé (pas comme Vador). Il n’avait pas une angine en permanence et surtout ne répétait pas tout le temps « tu es mon fils ». Ça, je m’en doutais… Je sentais en moi le pouvoir de l’absence en plus du côté obscur (surtout la nuit).
Ce que je ne comprenais pas, c’est comment il parvenait à jouer au soccer avec sa cape et ses bottes. C’est toujours un mystère.
Il vit toujours sur l’étoile Noire, cette galaxie tristounette aux frontières de la Belgique et de l’Espagne. Une étoile noire encore influencée par l’Empereur (un petit homme cruel qui a pris le pouvoir à la princesse royale). Je ne désespère pas de bientôt lui retirer son masque et de le ramener du côté des forces du lien.
Je m’approche du but. Récemment il m’a dit lors d’une conversation transatlantique relayée par D2Rd2 : « je répondrais à tes questions ». Mon sabre laser m’en est tombé !
Alors je pars bientôt, Yoda n’a pas terminé ma formation, mais je me sens prêt. En quête de paternité, je le prendrai dans mes bras, lui retirerai son masque et lui dirai : « tu es mon père ».






